Au croisement des rues Notre-Dame et Royale, une large margelle de pierre donne au centre d’Annecy un petit air de place ancienne. Et pour une fois, ce n’est pas une reconstitution décorative : la pierre est bien celle de l’ancien puits Saint-Jean.
La notice des Monuments historiques date cette margelle de 1689. Son inscription conserve d’ailleurs cette année et les noms de plusieurs notables annéciens qui participèrent à l’aménagement. Voilà un détail utile : ce que l’on voit aujourd’hui est donc un vestige du XVIIe siècle, et non une margelle médiévale que l’on pourrait attribuer sans preuve aux chevaliers de Saint-Jean.
Le puits est détruit en 1805. Ses éléments sont alors transportés à Sévrier, dans la propriété d’un avocat nommé Fernex, où ils sont réemployés autour d’un autre puits. La margelle originale finira par revenir à Annecy ; celle conservée à Sévrier est aujourd’hui une reproduction.
Depuis le 22 mars 1976, la margelle de l’ancien puits Saint-Jean est classée au titre objet parmi les monuments historiques.
Le plus intéressant reste finalement ce qui est gravé dans la pierre : 1689. Trois chiffres et un millésime suffisent ici à distinguer le vrai vestige de tout ce que deux siècles de déplacements auraient pu brouiller.





CommentairesVoir ou ajouter un commentaire
Ajouter un avis